Jusqu’à quel âge un senior peut-il emprunter de l’argent ?

Jusqu'à quel âge un senior peut-il emprunter de l'argent ?

L’inflation, la baisse du pouvoir d’achat, la dégradation physique, etc. autant de causes pouvant générer des situations délicates nécessitant un recours à l’emprunt. Mais, passé un certain âge peut-on encore emprunter de l’argent ?

En théorie, oui, mais en pratique, c’est un peut plus compliqué. Tout va dépendre de la situation personnelle de l’emprunteur.

Et là, il faut bien le dire, il n’y a pas d’égalité d’une situation à l’autre. D’une manière générale, l’adage « on ne prête qu’aux riches » est encore plus vrai quand on est âgé.

Aperçu en quelques titres

Les prêts aux seniors en pratique

Les conditions générales pour emprunter
Les conditions générales pour emprunter

Pas de limite d’âge pour emprunter de l’argent

D’une manière générale, il n’y a pas de limite d’âge pour emprunter de l’argent. De même qu’il n’y a pas, par exemple, de limite d’âge pour conduire dès lors qu’on a un permis de conduire valide. Et bien sûr, encore faut-il aussi bénéficier d’une pleine capacité juridique !

Mais, de fait, rien n’interdit à une banque de refuser un prêt à un senior. Ni à quelque demandeur que ce soit, d’ailleurs. Les banques sont avant tout des entreprises commerciales, pas des services publics !

En outre, elle peut y être contrainte par les règles prudentielles édictées par le HCSF.

Tableau statistique des prêts selon l’âge et la durée

Les statistiques ont cela de bon qu’elles permettent, en principe, d’avoir une juste idée du réel. Par suite, si on corrèle, par exemple, la durée des prêts immobiliers à l’âge  des emprunteurs, on constate que non seulement il y a des emprunteurs de plus de 65 ans, mais que la durée des emprunts peut même aller jusqu’ à 25 ans !

Evidemment, si on regarde dans le détail, on se rend compte que tout n’est pas si rose dans le meilleur des mondes. Ainsi, les prêts immobiliers des plus de 65 ans sont, pour près de la moitié, des prêts dont la durée ne dépasse pas 10 ans.

Ajoutons-y les prêts qui vont de 10 à 15 ans et on a là un paquet représentant près de 37 % des prêts. Bref, les plus de 65 ans souscrivent pour la plupart, à pratiquement 90 %, des prêts qui ne vont pas au-delà de 15 ans.

Au final, la situation des seniors est exactement l’opposé de celle des trentenaires. Ce qui peut facilement se comprendre. Ainsi, les prêts courts ne constituent qu’une faible proportion, moins de 2 %,  des prêts souscrits par ces derniers. A l’inverse donc des premiers.

Quelles conditions satisfaire quand on veut emprunter de l’argent à une banque ?

Comment préparer un dossier de demande de prêt
Comment préparer un dossier de demande de prêt

Les deux grandes normes officielles pour emprunter de l’argent

L’octroi de prêts, l’expression n’est pas neutre, par les banques est largement dépendant des perspectives macro économiques. En clair, les banques sont d’autant moins réticentes que ces perspectives sont bonnes. Cela, bien entendu, avant même d’étudier chaque dossier de demande de prêt.

A supposer que ces perspectives soient bonnes, il n’en reste pas moins que tout dossier doit satisfaire, au préalable, aux deux grandes normes posées par le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF), créé en 2013 :

  • Le taux d’endettement global de l’emprunteur ne doit pas dépasser 35 % de ses revenus nets. A noter que ce taux inclut l’assurance du prêt. Laquelle augmente avec l’âge.

 

  • Par ailleurs, la durée totale du prêt ne doit pas dépasser 25 ans. Elle peut néanmoins aller jusqu’à 27 ans, si le prêt bénéficie d’un différé d’amortissement.

 

Les deux grandes normes officieuses pour l’octroi d’un prêt

Ce sont là les deux grandes normes que l’on peut qualifier d’officielles. On peut y ajouter deux autres normes, que l’on peut dire quasi officielles :

  • Le remboursement de l’emprunt doit être terminé au plus tard pour les 75 ans de l’emprunteur. On en voit l’illustration dans le tableau statistique des prêts selon l’âge et la durée commenté plus haut. Ainsi quand on a 60 ans, on peut demander un prêt sur 15 ans. Mais, quand on en a 65, cette durée tombe à 10 ans. Et ainsi de suite.

 

  • Pour ce qui est d’un prêt immobilier, il est, en outre, désormais quasiment obligatoire de pouvoir y affecter un apport personnel d’au moins 10 %. Autrement dit, pas de prêt immobilier à 100 % du montant nécessaire. Facile d’imaginer que plus on est âgé et plus cet apport doit être élevé.

 

Les éléments clés d’un dossier de demande prêt autres que les normes basiques

Si on satisfait aux normes officielles et quasi officielles pour l’octroi d’un prêt, ce n’est pas pour autant qu’ il ne reste plus qu’à attendre que son compte soit crédité pour utiliser le montant de son prêt, après en avoir fait la demande.

En fait, il est plutôt recommandé de s’interroger, encore et encore, sur ce qu’on veut faire avant d’aller plus loin.

 

Quel est le niveau d’engagement du demandeur de prêt ?

Comme on l’a dit, une banque n’est pas un service public. Elle va donc s’assurer que le demandeur du prêt est capable de le rembourser. Ce qui est un peu différent des normes à respecter, officielles ou quasi officielles. Raison pour laquelle, tous les organismes de crédit rappellent obligeamment dans leurs publicités que :

Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.

Ce qui fait que l’offre de crédit qui peut résulter d’une simulation rondement menée ne préjuge en rien de la décision finale de l’organisme de crédit, après étude du dossier. A noter donc que le résultat positif d’une simulation n’engage en rien l’organisme qui l’a réalisée.

Ce n’est jamais, comme disent les « merchandisers », qu’une tête de gondole. Gare donc aux déceptions !

 

La mesure de l’engagement du demandeur de prêt par les banques et les organismes de crédit

Soit un senior candidat emprunteur  avec  un taux d’endettement inférieur à 35 %, qui ne veut pas d’un prêt dont la durée est supérieure à 10 ans, et qui a moins de 65 ans.

En principe, les portes des banques et des organismes de crédit lui sont grandes ouvertes. Il peut même envisager un prêt immobilier s’il dispose d’un revenu suffisant et d’un apport personnel d’au moins 10 % de la valeur du bien qu’il envisage d’acheter.

En tout cas, a priori, tous les feux sont au vert pour obtenir un prêt conso.

Mais, est-ce si sûr ? Pas vraiment, en vérité. Tout va dépendre finalement de son profil. La détermination de ce profil résulte aussi bien de critères objectifs que de critères subjectifs. Lesquels n’ont rien à voir, rappelons-le, avec les normes générales édictées par le HCSF.

 

Critères objectifs pour l’octroi d’un prêt

Ces critères tels, par exemple, que la nature des revenus du candidat emprunteur, son passé bancaire, son état physique, les garanties qu’il peut apporter vont peser lourds dans la balance.

 

Critères subjectifs pour l’octroi d’un prêt

Mais, en plus de ces critères objectifs, existent, de manière plus ou moins avouée, des critères subjectifs. Ce sont ceux qui permettent à la personne chargée d’instruire les dossiers de prêt de se faire une idée globale du candidat emprunteur.

Autrement dit, celui-ci est-il ou non une personne sérieuse capable de rembourser, sans problème, les échéances de son prêt ? D’où l’intérêt de pouvoir rencontrer directement la personne chargée de l’instruction du dossier de demande de prêt.

Notamment, si on a des doutes sur les résultats de son appréciation des autres critères.

 

Y a-t-il  des banques plus favorables que d’autres  pour les seniors qui veulent emprunter de l’argent?

Compte tenu de la multiplication des critères et de leur enchevêtrement, il est normal et légitime pour un senior de s’adresser à une banque qui fait un effort particulier pour répondre aux besoins de sa catégorie d’âge.

 

Commencer par consulter sa banque habituelle

A vrai dire, toutes les banques s’y intéressent peu ou prou. C’est qu’en principe, un senior dispose d’un revenu régulier, en général, sa retraite, et de charges réduites, tant qu’il vit encore à son domicile.

Cependant, l’intérêt qu’une banque manifeste à une demande de prêt faite par un senior varie d’une enseigne à l’autre. Si la banque habituelle se montre rétive, il peut être alors judicieux de changer de banque et de transporter ses comptes sous des cieux plus cléments.

 

Faire le tour des banques a priori sensible aux seniors

Parmi les grands établissements, la Banque postale, la Société générale, BNP Paribas, ou encore, le Crédit Agricole reviennent souvent dans les enquêtes spécialisées.  Lesquelles citent souvent, aussi, des banques en ligne comme Hellobank ou Monabanq.

Si on veut éviter d’avoir à en faire le tour, on peut toujours aussi s’adresser à un courtier en services bancaires et  d’investissement qui s’en chargera.

On parle, de façon plus générale, d’intermédiaires en opérations de banque et en service de paiement, les IOBSP. On peut même confier à l’un d’entre eux la recherche et la négociation du meilleur prêt auprès de la meilleure banque. Contre rémunération, évidemment, mais ça peut valoir le coup.

 

Comment changer de banque ?

C’est relativement simple. Il suffit d’ouvrir un compte dans la nouvelle banque et d’y domicilier ses revenus. Reste .. tout le reste ! La clôture de l’ancien compte et la redirection des prélèvements. Ce qui peut prendre du temps.

A noter toutefois qu’il est désormais possible de faciliter grandement toutes ces démarches en faisant appel au service d’aide à la mobilité bancaire de la nouvelle banque. En principe, il s’occupe de tout. Enfin, de presque tout.

 

Emprunter de l’argent est presque toujours un parcours du combattant

Comme le disent les Ecritures, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. De fait, un emprunteur est donc  toujours en position de faiblesse. Surtout quand il est ric-rac avec un pouvoir d’achat en berne. Et encore plus quand les banques elles-mêmes sont indirectement des acteurs importants du shadow banking. 

Ce shadow banking représente toutes les activités financières qui se déroulent en dehors des circuits traditionnels. Ce qui ne veut pas dire illégal, mais tout simplement, non réglementé.  Leurs principaux acteurs sont, en général, des hedge funds, ou fonds spéculatifs.

C’est à leur « créativité » que l’on doit notamment la titrisation d’actifs dont les établissements bancaires ne veulent plus et à l’origine de la crise financière de 2008. Ce sont les activités liés au shadow banking qui sont probablement le principal facteur de la chute récente du Crédit suisse.

En bref, la spécialiste  Myret Zaki, auteur avec Dominique Morisot, de « La finance de l’ombre a pris le contrôle  » écrivait en 2016 :

Le shadow banking, c’est 80 000 milliards de dette risquée qui a pris les banques centrales en otage : à la moindre hausse des taux d’intérêt, c’est le krach.

Dans ces conditions, emprunter de l’argent devient un exercice encore plus difficile. En effet, contrairement à ce qu’on pourrait penser, les banques et les organismes de crédit se montrent, de fait, beaucoup plus exigeants quand les taux remontent. On vient de voir pourquoi.

Mais, bon, sous réserve de veiller à ne pas être défaillant et à ajuster son modèle de consommation en conséquence, emprunter de l’argent à taux fixe peut aussi se révéler une bonne affaire quand l’inflation avoisine les deux chiffres, cause principale de la remontée des taux.

En effet, le différentiel entre le taux du prêt et celui de l’inflation joue en faveur de l’emprunteur quand le second est plus élevé que le premier. A condition, toutefois, que le nombre et le montant des mensualités de remboursement ne varient pas.