La sexualité des seniors : une réalité

La sexualité des seniors : une réalité

On pourrait penser que passé un certain âge, ç’en est fini de la sexualité. Eh bien, non. Pas du tout ! Bien au contraire même ! Non seulement, le nombre des seniors augmente, mais celui des seniors toujours désireux d’avoir des relations sexuelles, aussi. Faut-il y voir un effet d’une présence massive de vieux libidineux suscitée par les codes d’une société permissive ? Non, bien sûr ! En fait, rien de plus naturel. La sexualité des seniors, en réalité, est un facteur essentiel de leur bonne santé physique et psychique. Seulement, comme on peut facilement l’imaginer, la sexualité de seniors de plus de 60 ans ne peut pas être la même que celle des ados et des jeunes de 20 ans et plus. Cela dit, on peut encore l’améliorer de beaucoup.

La sexualité des seniors un phénomène bien réel

Les statistiques sont formelles. 40 % des seniors hommes de 60 à 69 ans ont au moins un rapport sexuel par semaine. Et ils sont encore 25 % à avoir le même activisme de 70 à 79 ans. A partir de 80 ans, ce dernier s’estompe, mais ne disparait pas pour autant.

Quant aux seniors femmes, elles sont 25 % à avoir elles aussi un rapport sexuel par semaine entre 60 et 79 ans. Ces observations résultent d’une enquête approfondie menée en 2008 par deux chercheurs américains, Edward O Laumann et Linda J White, auprès de 26 000 personnes, dans 26 pays.

Ces résultats n’ont, en fait, rien de surprenant. D’abord, comme le font remarquer les sexologues :

La sexualité n’a pas d’âge, mais elle devient taboue en vieillissant.

Autrement dit, ce n’est pas parce qu’on n’ose pas en parler, ou qu’on la cache, qu’elle n’existe pas. Et, puis, avec l’entrée dans les catégories seniors des « boomers », ex-soixante-huitards, le phénomène ne pouvait que prendre une certaine ampleur et donc devenir plus visible.

Les mariages entre seniors augmentent

Preuve, s’il en est besoin, de cette « ouverture », les mariages entre seniors de plus de 70 ans ne cessent d’augmenter. Alors que l’Insee en décomptait, pour la France, 2600 en 2011, ce chiffre est passé à 6276, en 2018.

Les bienfaits pour les seniors d’une sexualité épanouie

Comme l’indique le Dr Céline Candillier, psychiatre médecin sexologue, :

La sexualité conditionne une grande part de notre accès au bonheur et au bien vieillir. Elle est, même, un indicateur de bonne santé physique et psychique.

C’est bien là que résident fondamentalement les raisons qui expliquent l’existence de rapports sexuels bien au-delà de 60 ans. A ne considérer que les effets, on constate que la sexualité, quand on est senior, permet de :

  • Ressentir des émotions aussi positives que de l’affection, de l’estime de soi ou encore, de la bonne humeur.
  • Se protéger contre les troubles cognitifs.
  • Et d’entretenir son système cardio-vasculaire.

Ajoutons que la sensation de plaisir loin de diminuer avec l’âge semble, au contraire, pouvoir être plus intense. Du fait, sans doute, d’une plus grande expérience.

Quand on sait que l’orgasme est ce qui permet la production de dopamine, dite hormone du plaisir, qui elle-même, par réaction, produit des endomorphines telles que l’ocytocine, dite aussi hormone de l’attachement, on comprend, sans peine, ce que recherchent, plus ou moins implicitement, les seniors quand ils tombent amoureux.

Quand on tombe amoureux à nos âges, disent-ils, on ne rajeunit pas : on retrouve intactes des impressions et émotions enfouies. Nuance.

Nuance, certes. Mais, on sait bien aussi que le fait de se sentir jeune grâce à une sexualité épanouie est au moins aussi important que tout ce qu’on peut faire d’autre pour tenter de rester jeune. Comme le recours, par exemple, à des produits miracles anti-vieillissement comme la DHEA.

De sorte que comme l’observent des spécialistes gérontologues tels que Richard Vercauteren :

On voit revivre des plus de 70 ans parce qu’ils sont amoureux, donc moins déprimés, moins anxieux

Jane Fonda, en février 2020, à 82 ans

Aujourd’hui, âgée de plus de 84 ans, l’actrice Jane Fonda, à qui on est loin de donner cet âge, quand on la voit, a rassemblé ses « trouvailles » dans ce domaine dans un livre, écrit en 2012, intitulé « Profitez pleinement de votre vie – conseils sur la vie amoureuse et sexuelle du 3ème âge ».

Les obstacles à la sexualité des seniors

Cela dit, il ne faut pas rêver. La sexualité des seniors ne ressemble guère à celle des ados et des jeunes de 20 ans et plus. Les fantasmes ont un moindre effet et la période d’excitation est plus longue.

Mais, même en prenant son temps, en étant un adepte du « slow sex« , en quelque sorte, et en accordant tous les soins voulus à la communication avec son partenaire, notamment, sur ce qu’il aime, ou n’aime pas, les déceptions peuvent être grandes.

La faute, entre autres, aux « pathologies » liées à l’âge, à des érections qui deviennent plus problématiques, ou encore, à un assèchement et à une atrophie des muqueuses vaginales.

Dés lors, les seniors sont, en général, plus en recherche d’une chaleureuse intimité que de performances « athlétiques ».

Que faire pour avoir une sexualité épanouie quand on est senior ?

Cependant, bien des choses peuvent être faites pour contrecarrer les effets de l’âge sur la sexualité et profiter de ses bienfaits. On peut les classer en trois catégories, selon leur nature.

S’accepter tel que l’on est

Accepter de vieillir, ce n’est pas renoncer à ce qui fait le « sel de la vie ». Mais, c’est sûrement renoncer à vouloir continuer à vivre comme si l’on avait toujours 20 ans.

Si le senior s’imagine, par ses attitudes, donner le change et se montrer imperméable au poids des ans, c’est rarement ce que ressentent les personnes vivant dans son entourage.

S’entretenir mentalement et physiquement

Evidemment, accepter le poids des ans, comment faire autrement, d’ailleurs, ne signifie, en aucune façon, qu’on doive s’y abandonner.

On est ce que l’on est, mais on peut toujours faire en sorte de mieux être. Et, par chance, mais surtout, par discipline, tout le monde peut y arriver. C’est ce que montrent tous les guides du bien vieillir.

Adapter sa pratique à ce que l’on est

Une fois qu’on a admis que l’on fait partie des seniors, que l’on a compris aussi qu’en adoptant une certaine discipline mentale et physique, on peut encore bien vivre, le rapport à la sexualité ne cesse pas, mais devient tout simplement autre.

Que faire pour avoir une sexualité épanouie quand on est senior ?

Dans ce domaine, aucune règle ne s’impose, hors mis celle qui permet de nouer une relation aimante, accompagnée de gestes intimes « ad libitum ». En tout cas, adaptés à son état physique. Pas sûr que le Kamasutra soit un bon guide en la matière.

Ce qui n’exclut pas qu’on puisse « l’assister » avec des médicamentations appropriées, comme par exemple, le Cialis ou le célèbre Viagra, sous contrôle médical, bien sûr, et des « parades » n’ayant rien à envier à celles de ses jeunes années.

La sexualité des seniors : une réalité de plus en plus admise et respectée

Si les relations amoureuses entre seniors suscitent encore, bien souvent, des réticences, surtout, quand les seniors concernés abordent le grand âge, celles-ci font, de plus en plus, figurent de réactions surannées et inappropriées.

D’abord, parce que les relations sexuelles entre seniors sont, on ne peut plus, normales et parce que tous les spécialistes en reconnaissent les bienfaits.

De sorte que les relations sexuelles entre seniors font de plus en plus l’objet de développements spécifiques dans les guides du bien vieillir. Et ce n’est pas tout.

Dans certains pays comme la Suisse, la Belgique, le Danemark ou l’Allemagne, les seniors en demande, notamment handicapés, peuvent faire appel à un « assistant sexuel« . Toutefois, cette pratique n’est pas encore reconnue en France.

Reste néanmoins une autre façon de répondre à la demande, variable selon le milieu d’origine, celle qu’offrent les nombreux sites de rencontre spécialisés tels que, par exemple, disonsdemain, netsenior, ou encore senior.proximeety.

Rappelons, enfin, qu’au Japon, dont le poids des seniors dans la population et le profil préfigurent ceux de la population européenne, la part de la « porno grise » représente près de 25 % des films pour adulte. Signe, s’il en est besoin, d’une évidente préoccupation des seniors.