Pourquoi et comment adopter une retraite nomade ?

Toujours cette sempiternelle question du pouvoir d’achat une fois à la retraite. Comment faire quand soudain, on gagne moins. Certes, on a essayé de prendre ses précautions. On a épargné, un peu. Mais, pas de quoi rêver. Certes, les enfants sont partis et on a moins de charges. Mais, l’électricité, le gaz, l’essence, l’alimentation, tout augmente et les pensions, elles, n’augmentent pas. S’installer à l’étranger ? Mais, où et comment ? Hé tiens, si on faisait comme ces 700 000 retraités américains à revenus modestes qui vivent à l’année dans leur camping-car. Et si on faisait le choix d’une retraite nomade !

La retraite nomade, qu’est-ce que c’est ?

Pour être honnête, la retraite nomade, ce n’est pas qu’une question de lutte contre la baisse continue du pouvoir d’achat des retraités, même si elle entre pour une bonne part dans la décision d’adopter ce mode de vie pour un retraité à revenu modeste.

Car, précisément, c’est bien d’abord de mode de vie qu’il s’agit avant de regarder ce qui reste dans le porte-monnaie. De fait, se lancer dans une existence nomade à la retraite, cela suppose qu’on aime la route, le camping, les rencontres et qu’on ait un certain goût pour l’aventure.

Et, c’est vrai, cette façon de vivre n’est pas réservée aux seules jeunes générations. Si on prend, par exemple, des destinations comme le Maroc, ce sont près de 30 à 40 000 camping-cars qui y déferlent, chaque année, à l’automne. Principalement, venus de France.

Comme l’écrivent de bons connaisseurs du phénomène :

La quasi-totalité de ces caravaniers sont des retraités qui veulent à la fois vivre au soleil et faire des économies.

Avantages d’une retraite nomade

Le fait est que ce qui ressort des enquêtes réalisées auprès de ces retraités qui ont choisi de vivre, en camping-car ou en caravane, mais aussi dans un mobile home, loué pour l’occasion, et cela plusieurs mois à l’étranger, dans l’année, c’est pour profiter d’un coût de la vie moindre qu’en France et des économies que la douceur du climat permet de faire.

Et ils ne sont pas les seuls. Ce sont les mêmes raisons qui poussent aussi beaucoup de retraités à abandonner carrément leur résidence en France pour une résidence à l’étranger, comme, par exemple, le Portugal. Sans pour autant aller jusqu’à faire du camping-car ou du caravaning.

Un coût de la vie avantageux

En effet, si on garde l’exemple du Maroc, la bouteille de butane ne va y coûter que 4 €, une grosse réparation mécanique comme le changement d’une courroie de distribution va tourner autour de 400 € et on peut s’y refaire toute sa dentition pour un budget lui aussi de l’ordre de 400 €. De quoi éviter de faire partie des « sans dents », de sinistre mémoire. Et le reste, à l’avenant, coiffeur, restaurant, etc.

Une douceur de vivre bien réelle

Troquer les brumes du Nord pour la douceur du climat méditerranéen n’est pas seulement agréable à vivre, c’est aussi une façon de s’éviter l’angoisse de factures de chauffage de plus en plus difficiles à supporter et de n’avoir plus besoin que d’une seule garde-robe. Adieu chandail, manteau, imper et autres vêtements d’hiver !

Un art de vivre très convivial

Enfin, et ce n’est pas là le moindre des avantages, vivre dans un camping, cela facilite beaucoup les rencontres. Seul, ou en couple. C’est d’ailleurs ce qui en fait le succès. Lequel ne se dément pas, d’année en année. Quels que soient l’âge des campeurs et leur niveau de vie. En tout cas, en France. Et donc rien d’étonnant à ce que ce qui marche ici, marche aussi ailleurs.

Que faire pour bien profiter d’une retraite nomade ?

Se faire domicilier

Reste que quand on largue les amarres pour plusieurs mois, voire davantage, il y a certain nombre de formalités à accomplir pour ne pas perdre ses liens avec l’administration. C’est-à-dire, avec ses droits et ses obligations. Et notamment, il faut penser à sa domiciliation.

On peut régler ce problème soit en se faisant domicilier chez des proches, soit auprès du CCAS d’une commune avec laquelle on a un lien. A noter que dans ce dernier cas, la domiciliation n’est accordée que pour un an, après entretien, et qu’il convient de manifester son existence, au moins tous les trois mois, auprès dudit CCAS.

Il y a près de 4000 centres communaux d’action sociale (CCAS) ou centres intercommunaux d’action sociale (CIAS) en France. En général, ils sont chargés de la gestion de toute la politique sociale de la commune ou des communes de rattachement. Par suite, pour contacter le plus proche, il suffit de se rendre à la mairie de la commune où on réside, même momentanément.

Disposer d’un bon matériel

Evidemment, pour partir à l’aventure, mieux vaut avoir du bon matériel. Un camping-car d’occasion vaut autour de 20 000 €, et un neuf, au moins 45 000 €. On peut, bien sûr, voir plus petit avec un van, ou beaucoup plus grand, avec les « grands paquebots de la route ».

Et tant qu’à faire, ne pas oublier d’équiper sa « maison roulante » avec de quoi surfer sur internet. Pas besoin de dire de quoi il retourne. Tout le monde le sait. Mais, quand on fait de la retraite nomade, avec une appli comme Caramaps, on dispose d’un vrai radar pour trouver, sans peine, l’aire d’accueil ou le camping qui va bien. En France, ou à l’étranger.

Quoi qu’il en soit, l’aventure, c’est l’aventure, et on n’a pas toujours le dépanneur qu’il faut à portée de la main. Par conséquent, mieux vaut ne pas être rebuté par le bricolage, si on veut partir au loin.

Etre prêt à monnayer son savoir-faire sur place ou en cours de route

On n’y pense pas toujours, mais un retraité est aussi un senior « bourré » de savoir-faire et de compétences. Ce qui peut toujours se monnayer ou s’échanger. De quoi améliorer l’ordinaire. Pour ça, on peut se faire connaître comme jobber via des plateformes de jobbing comme Youpijob, NeedHelp ou Frizbiz. On est là en plein dans la culture seniors.

D’après les observateurs, les gains moyens pour des petits boulots comme du babysitting, du jardinage, de l’aide informatique ou des travaux un peu plus conséquents, en menuiserie, par exemple, sont de l’ordre de 200 à 300 € par mois. C’est, d’ailleurs, l’attrait de cet appoint qui motive beaucoup des retraités nomades aux Etats-Unis.

En bref

Une retraite nomade n’est pas quelque chose d’inaccessible ou de contraint. Ce peut être un mode de vie choisi. Cela dit, il est recommandé de s’y essayer quelque temps, avant de faire le grand saut.

Mieux vaut, en effet, prendre la précaution de louer, par exemple, un camping-car et ce, pendant une courte période.  Et par ailleurs, de « nomadiser » dans des zones familières. Cela pour voir si on peut se faire à ce mode de vie, ou pas. Réellement. Car, il y a des rêves qui peuvent devenir des cauchemars, une fois qu’on cherche à leur donner corps.

Enfin, sans aller bien loin, on peut aussi choisir de vivre à l’année dans un camping français ou sur un terrain privé. Mais là, c’est déjà une autre histoire, car le nomadisme y est réduit à la plus simple expression. Et dans ce cas, il faut savoir que ce mode de résidence est extrêmement réglementé.