Prendre sa retraite à l’étranger peut-il doper son pouvoir d’achat ?

Une fois à la retraite, si on ne dispose comme revenus que de ses pensions de retraite, on peut être tenté de faire comme plus d’un million de retraités français : aller s’installer sous d’autres cieux plus cléments que ceux de France et prendre sa retraite à l’étranger.  Sur le papier, la solution parait évidente.

A ressources égales, certains pays offrent des conditions de vie qui défient toute concurrence. En effet, l’absence de taxation et un niveau très bas du coût de la vie peuvent doubler le pouvoir d’achat d’un retraité. Une des raisons, sans doute, pour laquelle les retraités expatriés ont en moyenne des retraites moins élevées que les autres.

Mais, au-delà de l’intérêt que présente naturellement une telle soustraction, ou réduction, qu’en est-il exactement ? Où sont les pièges à éviter ? Quelles sont les démarches à faire ? Et bien d’autres questions qu’il vaut mieux se poser.  Et cela, Avant de mettre à exécution son projet de prendre sa retraite à l’étranger.

 

Quels pays choisissent les retraités qui vont à l’étranger pour leur retraite ?

Les deux critères de choix pour vivre sa retraite à l’étranger

Le pouvoir d’achat de sa pension de retraite à l’étranger

Au fond, il y a deux critères de choix pour prendre sa retraite à l’étranger. Si on exclut, bien évidemment, le coup de coeur.  Et tout autre argument de même nature. Sur lequel la raison ne peut rien.

Le premier est, bien sûr, la différence du coût de la vie entre le pays que l’on veut quitter et celui où l’on veut s’installer. Le coût de la vie, c’est le prix de la baguette. Du litre d’essence. Du déjeuner dans un restaurant. De la location de son appartement, etc. Rien à voir avec un taux d’inflation. Même si c’est quelque chose qu’il ne faut pas perdre de vue.

 

C’est ce coût de la vie qui détermine le niveau de son pouvoir d’achat. Et non pas le montant de sa retraite en tant que tel. Même si ce dernier rend, plus ou moins, sensible le niveau du premier.

L’autre critère est celui de la proximité du pays d’installation avec son pays d’origine. En l’occurrence la France. Cette proximité est d’abord géographique, mais pas que.

 

Il est évident qu’il est plus simple de s’installer, par exemple, de l’autre côté des Pyrénées que de l’autre côté de la planète. Ou même, de l’autre côté de la Méditerranée. C’est quand même plus commode.

Mais, la proximité géographique n’est pas tout. La proximité culturelle est également importante. Cette proximité dépend de la langue parlée dans le pays d’installation.  De ses us et coutumes, autrement dit, de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas, etc.

 

On aurait tort de croire qu’on peut s’installer n’importe où en faisant abstraction de la culture du milieu dans lequel on s’installe. Même si, par prudence, on recherche le voisinage d’autres expatriés de même origine.

 

Quel est le pays qui arrive en tête pour passer sa retraite à l’étranger ?

A l’aune des deux critères précédemment évoqués, le Portugal arrive en tête du classement des pays les plus recherchés par les retraités voulant prendre leur retraite à l’étranger.

Le fait est que le coût de la vie y est globalement de l’ordre de 30 à 40 % moins élevé qu’en France. C’est-à-dire, à consommation égale, une retraite de 1500 € net mensuel en France équivaut à 2000 € au Portugal.

Et la différence est encore plus flagrante pour un niveau de retraite plus élevé comme, par exemple, 2500 €. Sur cette base, il équivaut, en effet, à 3375 €. Ces différences se comprennent facilement quand on sait que le salaire mensuel net moyen d’un salarié portugais est d’environ 800 €.

 

Mais surtout. Indépendamment de la différence entre les pouvoirs d’achat, car on peut trouver mieux sous d’autres cieux, par exemple, en Malaisie ou à Bali, le Portugal est aussi très proche de la France. Il l’est géographiquement, mais il l’est aussi culturellement.

Comme le français, le portugais est une langue d’origine latine. Proximité qui ne fait, d’ailleurs, que traduire les multiples, et anciens, croisements historiques entre les deux pays.

 

Quelles sont les conditions à remplir pour s’installer à l’étranger à la retraite ?

Une fois qu’on s’est décidé pour un pays, Portugal ou autre, reste à savoir quelles démarches accomplir pour organiser son installation dans le pays choisi pour prendre sa retraite à l’étranger.

D’emblée, ces démarches sont plus simples quand il s’agit de s’installer dans un pays comme le Portugal, membre de l’Union Européenne, que dans un pays qui ne l’est pas et qui, de surcroît, n’a pas passé de convention sociale et fiscale avec la France.

 

A partir de là, trois points essentiels sont à considérer :

  • Pour ce qui est du versement des pensions de retraite. Elles peuvent être faites, soit sur un compte d’une banque en France, soit sur celui d’une banque à l’étranger. Dans ce dernier cas, il faut, bien sûr, en informer les caisses de retraite. A noter qu’il faut alors leur adresser, chaque année, un certificat de vie, délivré par le consulat de France et les autorités du pays d’installation.

 

  • En ce qui concerne la protection sociale. On peut toujours continuer à bénéficier de la protection sociale française.  Toutefois, à condition de s’installer dans un pays qui a signé une convention sociale avec le France et de remplir le formulaire S1.

 

  • Enfin, un des gros avantages d’une installation à l’étranger, outre le différentiel dans le coût de la vie, c’est une fiscalité réduite. Pour pouvoir en bénéficier, il ne faut plus avoir de foyer fiscal en France et résider plus de 183 jours à l’étranger. Dès lors, le retraité n’a plus à acquitter de prélèvements sociaux sur ses pensions, hors mis une cotisation maladie, ni d’impôt sur le revenu, hors mis celui du pays d’installation. Lequel peut être très bas, voire inexistant.

 

Précautions à prendre avant de partir à l’étranger pour prendre sa retraite ?

Cela dit, l’amélioration du pouvoir d’achat et la proximité du pays d’installation ne suffisent pas à bien mesurer l’intérêt d’une installation à l’étranger pour prendre sa retraite. Un certain nombre de précautions doivent être prises. Comme, par exemple, de vérifier :

  • Les conditions climatiques qui règnent, toute l’année, à l’endroit où l’on pense s’installer. En effet, c’est une chose d’avoir apprécié cet endroit pendant un séjour touristique, c’en est une autre d’y vivre en permanence.

 

  • Les conditions politiques du pays sont également aussi importantes que les conditions climatiques. Est-on certain, entre autres, du bon accueil réservé aux étrangers, en général, et aux français, en particulier ?

 

  • La qualité des infrastructures, notamment de santé. Elles doivent être de qualité et facilement accessibles.

On ne saurait trop recommander de s’informer au maximum avant de faire le grand saut dans un univers forcément différent de celui auquel on est habitué.

 

En résumé

En résumé, le choix de s’installer à l’étranger pour prendre sa retraite peut apparaître comme une excellente solution pour améliorer son pouvoir d’achat. Il n’en reste pas moins que prendre sa retraite à l’étranger est surtout fait pour des retraités aguerris et habitués à l’expatriation.

Ou encore pour des retraités bénéficiant de revenus élevés. Lesquels facilitent la couverture de tous les risques liés à leur expatriation.

 

En tout cas, l’expérience est hors de portée pour les retraités n’ayant pour revenu que l’ASPA.  Accompagnée, ou non, de l’ASI. En effet, ces deux allocations ne sont accordées qu’à la condition de résider en France.

Certes, les statistiques montrent une croissance régulière du nombre de retraités s’envolant sous d’autres cieux. Leur nombre aurait ainsi doublé au cours des 5 dernières années. Et, il augmenterait chaque année de 4 %.

 

Mais, ces statistiques ne précisent pas combien de ces départs ne sont, en réalité, que des retours dans le pays d’origine. Et, de ce fait, étroitement liés à la dynamique migratoire. Peut-être aussi, une des raisons expliquant le niveau de revenu plus bas que la moyenne des retraités partis s’installer à l’étranger.

Enfin, avec la retraite, vient aussi la vieillesse et ses inconforts. Et les conditions de vie d’un retraité ne peuvent pas être les mêmes que celles de jeunes touristes.

 

Si, là, on peut se satisfaire de conditions sommaires, les choses sont différentes avec le poids des ans. Un réseau médical éprouvé. Des commerçants bien connus. Des contacts associatifs et familiaux réguliers. C’est ce qui constitue, entre autres, la trame d’une retraite réussie.

Pas sûr que l’optimisation de son pouvoir d’achat suffise à en compenser la perte, ou la diminution.