Quel est le montant de ma pension de réversion en cas de décès de mon ex ?

La pension de réversion est une composante essentielle des pensions de retraite de beaucoup de retraités. En effet, ils seraient, hommes ou femmes, mais, à 90 % femmes, près de 4,4 millions dans ce cas. Ce qui correspond à un quart de l’ensemble des retraités. C’est grâce à ce complément que la pension de retraite moyenne des veuves est de l’ordre de 1322 euros par mois. Chiffre proche de celui de la pension moyenne nette globale de 1393 euros.  Avantage qui est donc loin d’être négligeable. Et cela d’autant plus, quand on sait que l’espérance de vie d’une femme est de 85,3 ans, alors qu’elle n’est que 79,5 ans pour les hommes. Mais, comment cela fonctionne-t-il ? Qui a droit à une pension de réversion ? Quel est son montant ? Que faut-il faire pour la percevoir ? Et combien de temps ça dure ?

Qui a droit à une pension de réversion ?

Evidemment, une pension de réversion ne tombe pas du ciel. Il faut la demander. Ce qui signifie qu’il faut aussi remplir des conditions. Et ces conditions ne sont pas les mêmes suivant que la personne défunte appartenait au secteur public ou au secteur privé.

Pension de réversion d’un défunt ayant fait sa carrière dans le secteur privé

Là, il faut remplir 3 grandes conditions :

  • Il faut, tout d’abord, en avoir l’âge. En général, c’est 55 ans. Mais, dans certains cas, particuliers, bien sûr, ça peut être moins ou ça peut être plus. Mais, bon, à moins de 50 ans, il faudra patienter jusqu’au moment où on aura atteint l’âge requis.
  • Ensuite, il ne faut pas dépasser un plafond de ressources. Celles-ci sont très précisément définies par les caisses de retraite. Comme, par exemple, l’Assurance retraite. Si on est seul, ce plafond est actuellement de 21300 € brut par an et de 34112 € brut par an, si on vit en couple. A noter que si le survivant travaille, on ne comptabilise que 70 % de ses revenus d’activité dès lors qu’il a plus de 54 ans. Par ailleurs, on ne tient pas compte dans ce calcul d’une éventuelle bonification pour famille nombreuse ou pour handicap.
  • Et surtout, il faut avoir été marié avec le défunt. Peu importe qu’on soit remarié, pacsé ou qu’on vive en concubinage. Et naturellement peu importe aussi qu’on ait vécu avec le défunt sans avoir été marié avec lui. Ou elle, bien entendu.

Pension de reversion d’un défunt ayant fait sa carrière dans le secteur public

Les conditions pour obtenir une pension de réversion suite au décès d’une personne ayant appartenu à la fonction publique d’Etat, à la fonction publique territoriale ou à la fonction publique hospitalière sont sbstantiellement différentes de celles exigées suite au décès d’une personne ayant travaillé dans le secteur privé.

En effet, aucune condition d’âge ou de ressources n’est demandée. Il faut, essentiellement, pouvoir produire  un certificat justifiant au moins une des conditions suivantes :

  • Avoir été marié au moins 4 ans avec le défunt.
  • Qu’au moins un enfant soit issu du mariage.
  • Avoir été marié au moins 2 ans avant le départ à la retraite du défunt.
  • Que le défunt bénéficiait d’une pension d’invalidité et que le mariage ait eu lieu avant l’évènement qui a entrainé sa mise à la retraite.

Par ailleurs, autre différence, de taille, avec la pension de réversion du secteur privé, toute nouvelle vie en couple, quelle que soit sa forme, interrompt le versement de la pension de réversion. Toutefois, ce versement peut être repris si le nouveau couple est lui-même rompu.

A noter enfin, que si le défunt était un agent public contractuel, le régime qui lui est applicable en matière de pension de réversion est celui du secteur privé.

PHOTO MARIAGE

Quel est le montant d’une pension de réversion ?

D’une manière générale, si le défunt était du secteur privé, le montant de la pension de réversion est égal à 54% de sa retraite, ou de ce qu’elle aurait pu être. Pour un défunt du secteur public, ce taux n’est que de 50 %.

Autre différence. Le montant minimum d’une pension de réversion du secteur privé est de 3492,37 € par an, voire moins, si le défunt n’a pas cotisé au moins 60 trimestres. Et son montant maximum est de 11602 € par an. Les majorations pour enfants ne sont, toutefois, pas prises en charge.

En effet, les taux de 54 % et de 50 % peuvent être bonifiés, autrement dit, majorés, si la personne qui demande la pension de réversion a une retraite inférieure à 874,77 € par mois, de même que si elle a eu à charge au moins 3 enfants. Dans le premier cas, le taux de majoration est de 11,1 %, dans le second, de 10 %.

Où faut-il demander une pension de réversion ?

Une pension de réversion n’est pas attribuée automatiquement. Il faut la demander expressément auprès de chacune des caisses de retraites dont on dépend. Et cela, en remplissant le formulaire qu’elles ont préparé. Comme, par exemple, le formulaire de l’Assurance retraite.

A noter que la pension de réversion est payée en même temps que les autres pensions de retraite.

PHOTO FORMULAIRE DE DEMANDE

Combien de temps dure la pension de réversion ?

En principe, la pension de réversion est acquise une fois pour toutes. Cependant, son montant peut être révisé en fonction d’un changement dans la situation du bénéficiaire. Voire interrompu, comme il a été précisé, dans le cas d’une nouvelle vie de couple d’un ex-conjoint ou ex-conjointe d’un défunt fonctionnaire.

La pension de réversion en bref

Une pension de réversion constitue pour beaucoup de retraités un complément de revenus irremplaçable. Son attribution est fondamentalement liée au mariage avec la personne décédée. Que ce mariage ait été suivi ou non d’un divorce et cela, quelle que soit la date de ce divorce.

Par ailleurs, cette pension n’est attribuée que si elle est demandée. Pour cela, il faut s’adresser à sa caisse de retraite habituelle et remplir ses conditions d’attribution. Lesquelles sont très différentes suivant que le défunt a exercé son activité professionnelle dans le secteur privé ou dans le secteur public.

Enfin, l’absence de récépissé, au bout de 4 mois, de la part de la caisse de retraite sollicitée, équivaut, en principe, à un rejet de la demande.