Quelles questions se poser avant de choisir une voiture quand on est senior ?

Quelles questions se poser avant de choisir une voiture quand on est senior ?

Avec l’âge, le nombre d’infirmités augmente. Ce qui ne fait pas évidemment pas bon ménage avec la conduite automobile. Mais, on garde bien volontiers des envies de jeunesse et cela d’autant plus facilement qu’on peut avoir un portefeuille bien garni. Les sites qui proposent aux seniors des voitures faites pour eux l’ont d’ailleurs bien compris. Il est rare que ces voitures aux allures de char d’assaut soient bon marché. Entre ces envies et ces sollicitations, il n’est pas facile pour les proches de ramener leurs aînés les pieds sur terre. D’où quelques questions à se poser pour essayer d’y mettre bon ordre. Par exemple : Quelles sont les raisons pour changer de voiture ? Ou encore : Comment aider un senior  à voir la réalité en face quand il a un certain âge ?

Pourquoi changer de voiture quand on est senior ?

Il y a deux sortes de raisons qui poussent un senior à changer de voiture. Il y a les officielles et les autres.

Les bonnes raisons pour qu’un senior change de voiture

Ce sont ce qu’on appelle les raisons officielles. Celles qu’un senior donne à son entourage pour lui expliquer pourquoi il lui faut absolument changer de voiture et reporter à un autre moment les dépenses nécessaires pour ravaler une façade ou changer des stores.

En général, ce sont celles-là même qu’utilise le vendeur de voiture pour encourager son client à signer le contrat de vente.

Raisons les plus souvent invoquées

Pour faire court, un senior change de voiture parce que, dit-il, il lui faut désormais adapter son véhicule à son « grand âge ». Le fait est que sa vue baisse, il n’entend plus très bien, il a mal partout et il a besoin de ses pilules quotidiennes. Par conséquent, sa nouvelle voiture doit, entre autres :

  • Être plus haute, pour mieux voir la route.
  • Avoir plus de surface vitrée. Toujours pour mieux voir.
  • Pouvoir détecter les obstacles automatiquement. Surtout quand on recule.
  • Avoir une boîte automatique. C’est plus commode pour passer le vitesses quand on a de l’arthrose.
  • Être équipée d’une aide au parking. C’est aussi plus commode quand on a du mal à manœuvrer et à apprécier les distances.

Arguments imparables, quand on sait que si les seniors sont les plus sûrs des conducteurs, selon l’ONISR, mieux vaut cependant qu’ils n’aient pas d’accidents, car ce sont aussi ceux pour lesquels ils sont le plus fatals. Toutes ces raisons et d’autres propres à chacun sont valables. Il y va de la sécurité de tous !

Mais, elles ne sont pas forcément les plus déterminantes. C’est que changer de voiture, ça coûte cher. Même pour les seniors qui ont plus de moyens que les autres tranches d’âge pour acheter une voiture neuve.

Raison pour laquelle l’âge moyen des acheteurs de voitures neuves est de 56 ans et l’offre des sites spécialisés concentrée sur des voitures haut de gamme.

Non, les vraies raisons pour lesquelles un senior peut vouloir changer de voiture sont souvent des raisons officieuses, difficilement avouables.

Les vraies raisons pour lesquelles un senior veut changer de voiture

Plus un senior avance en âge et plus les réminiscences de son passé remontent à la surface. Si pendant les premières années de la retraite, elles sont relativement contenues, grâce à la nouvelle vie qui commence ;  quoique ;  après, disons, 75 ans, il n’en est plus de même.

La voiture rouge sur laquelle on a tant rêvé quand on était jeune
La voiture rouge sur laquelle on a tant rêvé quand on était jeune

C’est le début du temps des regrets et des choses à faire tant que c’est encore possible. Bref, c’est l’heure de se faire plaisir et de satisfaire ses envies. C’est l’heure où on va vouloir changer de voiture parce que celle que l’on a n’est pas assez jolie, pas assez confortable, pas assez « riche », etc.,  et qu’on regrette de ne jamais avoir pu s’acheter la voiture rouge sur laquelle on a tant rêvé quand on était jeune.

Evidemment, ce sont là des raisons qu’il est difficile d’avouer. Parce qu’elles sont bien peu rationnelles. Mais, au fond, l’achat d’une voiture neuve, quelle qu’elle soit, est-il vraiment rationnel quand on ne circule pratiquement plus ?

Le moment est donc venu d’oublier le vendeur de voitures, les raisons objectives d’en changer et de réfréner ses envies, pour se poser les vraies questions.

Les vraies questions à se poser avant d’acheter une nouvelle voiture quand on est senior

Pour se les poser, en fait, il convient d’oublier la voiture et de penser à son besoin de circuler. Si en tant que senior, vous voulez vraiment vous décider rationnellement.

Autrement dit, avant tout acte d’achat ou toute démarche pour acheter un nouveau véhicule, que ce soit pour avoir un véhicule mieux adapté à son âge ou pour satisfaire un rêve de jeunesse, il est fortement recommandé de commencer par vous demander ce que vous voulez en faire. Logique, non ?

Le macaron S est-il obligatoire ?

Commencez par vous demander si vous avez besoin d’un macaron Senior. La conduite d’un véhicule par un senior est souvent problématique. Indépendamment de son choix. Car ce qui est en jeu, c’est la capacité même du senior à conduire. D’où dans un certain nombre de pays, l’existence de dispositions légales contraignant les seniors, s’ils veulent conserver leur permis de conduire, à passer une visite médicale à partir d’un certain âge et les obligeant à apposer un macaron S à l’arrière de leur véhicule.

Le macaron S est-il obligatoire ?
Le macaron S est-il obligatoire ?

Précisons tout de suite qu’il n’y a aucune obligation de ce type en France. Mais, quand se multiplient  les signes d’une conduite problématique tels que des éraflures sur la carrosserie, l’oubli systématique de mettre son clignotant au moment de changer de direction, des mouvements d’humeur  à chaque déplacement, etc., il est plutôt recommandé de le mettre.

Il est facile de se le procurer auprès l’association signalsenior.com et il ne coûte que quelques euros. Loin d’être une marque infâmante :

Il a été observé que le macaron S rendait les gens plus respectueux.

L’effet est, d’une certaine façon, le même que celui produit par les macarons indiquant la présence d’un jeune conducteur au volant ou qu’un bébé est à bord.

Adapter ses déplacements en fonction de ses capacités à conduire

Plutôt que d’adapter son véhicule à ses capacités à conduire, il est souvent plus juste d’inverser le raisonnement et d’adapter plutôt ses modes de déplacement en fonction de celles-ci. Le macaron S, beaucoup moins coûteux que l’achat d’un véhicule, ô combien, est le premier signe de cette prise de conscience.

Une fois qu’une démarche de ce type a pu être amorcée, l’étape suivante est de se demander si on ne peut pas carrément se passer de voiture en faisant le point sur les dispositifs existant tels que, par exemple, le programme sortir plus réservé par l’Agirc-Arco aux seniors de plus de 75 ans. Mais, il y en a d’autres. Ils font partie des offres de service d’aide à la personne quand on reste chez soi.

 

Comment aider un senior à reconsidérer son usage de la voiture

Partant de ce qui précède, avant de laisser un senior s’embarquer dans l’achat d’un nouveau véhicule, quels qu’en soient les prétextes, il n’est pas inutile de faire le point avec lui sur les raisons qui peuvent l’en dissuader.

Comment aider un senior à reconsidérer son usage de la voiture
Comment aider un senior à reconsidérer son usage de la voiture

On peut, bien sûr, objecter que chacun est libre de faire ce qu’il veut de son argent. Mais, au-delà de cette considération, qui convient bien, d’une certaine façon, aux boomers, et répond ainsi à l’âgisme dont ils peuvent faire l’objet, il est quand même recommandé de donner matière à réflexion, aux seniors dans cette situation. Autant qu’on le peut.

Rôle de l’entourage

Pour ce faire, le conjoint, quand il est encore là ou qu’il le peut, les enfants et les petits-enfants ont un rôle important à jouer. Ni les uns, ni les autres, ne doivent oublier que l’achat d’un véhicule est, en général, pour la plupart des seniors un gros investissement, dont, malheureusement, ils ne se rendent pas toujours compte.

En effet, un grand nombre d’entre eux, pas si âgés que ça, font encore des conversions entre euros, nouveaux et anciens francs ! Ne serait-ce que pour cette raison, il ne faut pas faire comme si l’achat d’une nouvelle voiture par un senior était aussi simple que l’achat d’une boîte de petits pois. Deux aspects doivent être particulièrement mis en relief par l’entourage des seniors : l’aspect budgétaire et l’aspect médical.

Aspect budgétaire de l’achat d’un véhicule par un senior

Et cela, alors que leurs dépenses contraintes, gaz, électricité, frais de santé, etc., ne cessent d’augmenter, à cause de l’inflation, et ne sont pas compensées par l’augmentation de leurs pensions de retraite. Sans même parler du surcoût dû à l’assurance décès invalidité qui grimpe en flèche avec l’âge, en cas d’achat avec emprunt.

Cet aspect budgétaire est un élément de la discussion à avoir avec le senior prêt à se lancer dans l’achat d’un nouveau véhicule adapté à son âge comme on le lui fait volontiers miroiter.

Aspect budgétaire de l'achat d'un véhicule par un senior
Aspect budgétaire de l’achat d’un véhicule par un senior

C’est peut-être vrai pour beaucoup des seniors, mais pas pour tous. Une chose est sûre, en revanche, c’est que le pouvoir d’achat des seniors est sérieusement menacé par la réapparition de l’inflation.

Par ailleurs, indépendamment même du niveau des prix, si les seniors peuvent toujours profiter d’offres avantageuses pour des voyages à l’autre bout du monde, c’est de moins en moins le cas pour celles concernant les services de santé où les dépassements d’honoraires se multiplient. Sans oublier le coût des mutuelles et celui des autres services liés à l’âge.

Ainsi rappelons que les seniors vivant à domicile consacrent globalement pour leur santé, en moyenne et chaque mois :

  • 584 euros pour les 65-75 ans.
  • 740 euros pour les 75-85 ans.
  • 1836 euros pour les plus de 85 ans.

D’une manière générale, on peut considérer que, tout compris, les dépenses de santé représentent chaque mois entre 25 et 30 % du montant des retraites.

Cependant, cette constante ne dit rien sur le fait qu’un senior avec une retraite de plus de 3000 euros dépense plus dans ce domaine que celui avec une retraite minimale de 900 euros.

Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit toujours d’environ 28 %.  Mais, l’un peut y consacrer plus de 800 euros tandis que l’autre doit se contenter au mieux de 300 euros. Ce qui revient à dire que ce dernier ne peut se soigner qu’à minima.

Aspect médical à prendre en compte pour l’achat d’un véhicule par un senior

Avec ce qui précède, il est facile de comprendre que l’achat d’un nouveau véhicule par un senior suppose qu’il dispose d’une retraite confortable. En tout cas, s’il veut éviter que cet achat ne se fasse au détriment de ses dépenses de santé.

Mais, quoi qu’il en soit, il convient de prendre en compte l’état physique réel dans lequel le senior se trouve. Cette prise en compte n’est pas toujours facile à faire par soi-même. Le vieillissement inexorable est quelque chose qui reste toujours difficile à accepter.

Aspect médical à prendre en compte pour l'achat d'un véhicule par un senior
Aspect médical à prendre en compte pour l’achat d’un véhicule par un senior

Et souvent, le senior refuse d’en voir les effets : perte de mémoire, perte de réflexes, mauvaise audition, mauvaise vision, irascibilité, etc. Tous facteurs qui pèsent sur la conduite et la rendent dangereuse.

Non pas qu’un senior conduise mal.  Au contraire, il est suffisamment conscient de ses infirmités pour être très prudent.  Mais, ses capacités d’anticipation sont de plus en plus réduites avec l’âge. Or la survie sur route dépend autant de ses capacités à conduire que de celle des autres conducteurs.

Par conséquent, s’il y a bien un sujet qui puisse être abordé avec son médecin habituel, quand on avance en âge, c’est bien celui-là ! Et ce qu’il peut dire à ce sujet est plus facile à entendre venant de sa part que de celle de l’entourage, si aimant soit-il.

Dernier aspect à prendre en compte : l’aspect psychologique de l’achat par un senior d’un nouveau véhicule

C’est ce dernier aspect qui rend la discussion  avec un senior si difficile sur ce sujet. Comment, en effet, développer des arguments rationnels auprès d’une personne pour laquelle l’achat d’un nouveau véhicule est avant tout une façon de refuser l’inéluctable ?

Pas facile de répondre à ça. Mais, le sachant, on peut essayer de trouver d’autres dérivatifs, moins compromettants. C’est là que les innombrables offres des voyagistes peuvent s’avérer bien utiles.

L'aspect psychologique de l'achat par un senior d'un nouveau véhicule
L’aspect psychologique de l’achat par un senior d’un nouveau véhicule

Mais, elles ont aussi leurs limites. Souvent, la solution réside, tout simplement, dans un peu plus d’attention donnée par les proches, surtout par le conjoint, au senior « acheteur ». Car son désir d’achat n’est souvent que le signe par lequel il manifeste le fait qu’il se sente incompris et mal aimé.

 

En résumé :

Le désir d’achat d’un nouveau véhicule par les seniors est on ne peut plus compréhensible. A commencer par la nécessité d’adapter son véhicule à son âge. Les vendeurs de voiture l’ont bien compris et leur offre à destination de ce créneau de clientèle est pléthorique.

Bien difficile d’y échapper et d’éviter d’y succomber quand on a un peu d’argent devant soi et qu’on rêve d’une nouvelle vie. Mais, les réalités budgétaires et médicales sont implacables. Et l’achat d’un nouveau véhicule par un senior peut vite se révéler une calamité pour lui.

Par conséquent, avant de se laisser aller à satisfaire ce désir, il est plus que nécessaire de faire le point sur ce qu’on veut réellement faire avec ce nouveau véhicule, de faire un état des lieux, budgétaire et médical, et de comprendre le manque affectif  dont il peut être le signe.

Si après ça, vous avez toujours envie d’acheter un nouveau véhicule, c’est que vraiment vous ne pouvez pas faire autrement et « alea jacta est ».